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Gang de rue : La marche orangeÉtoiles : Auteur : Luc Boily Illustrateur : Marc Beaudet Année d'édition : 2012 Maison d'édition : Un monde différent Nombre de pages : 50 Zone d'inconfort de Maxime |
La marche orange est le récit d’un groupe de jeunes hockeyeurs amateurs qui se mobilisent pour la sauvegarde de leur quartier. Cette bande dessinée, bien illustrée, contient sa part d’humour et de clins d’œil à l’actualité. En outre, ses dialogues permettent à la fois d’étudier le langage tiré du registre courant et de se pencher sur les accents étrangers (particulièrement celui de l’entrepreneur Marcel L’Italien). Enfin, au niveau de son contenu, ce livre couvre des éléments en lien avec l’univers social, tels que la politique, les enjeux sociaux, l’histoire et la diversité culturelle.
Cette bédé pourrait être utilisée, selon moi, à travers une lecture partielle sélective. L’enseignant pourrait soumettre aux élèves des photocopies d’une ou de quelques pages choisies en fonction d’un thème particulier et les questionner par rapport à ce sujet. L’objectif consisterait à développer le sens critique des élèves. L’étude d’un simple extrait de ce livre permettrait notamment d’éviter les problématiques plus controversées (ex. : les manifestations).
Ayant vécu bien malgré moi la grève étudiante de 2012, la lecture de cette bande dessinée qui en est largement inspirée a ramené chez moi bien des souvenirs noirs. Plusieurs segments qui auraient dû me faire pousser un rire m'ont plutôt fait ressentir de la frustration. Par ailleurs, certaines comparaisons douteuses (ex : une manifestation contre un projet immobilier qui est dessinée sous les mêmes traits que l'occupation de la place Tiananmen en 1989) m'ont fait porté les yeux au ciel plus d'une fois. Cela étant, certaines plaisanteries (généralement non politiques) m'ont tout de même fait sourire et je dois reconnaitre les talents artistiques de l'illustrateur. Somme toute, bien que j'ai lu ce livre de la première à la dernière page en essayant de garder mon esprit ouvert, force est d'admettre que sa lecture fut néanmoins pénible et désagréable.
Parce que cette bande dessinée touche à plusieurs enjeux sociaux et politiques, j’anticipe tous les conflits avec les parents que pourrait susciter sa lecture en classe! En ce sens, si ce livre peut s’avérer certainement une lecture personnelle agréable à la maison, il m’apparait a priori être de faible valeur pédagogique auprès d’une classe de niveau primaire.
Après avoir lu cette bande dessinée, je me suis questionné à savoir si son contenu était approprié pour des élèves du primaire. Or, la deuxième de couverture nous apprend que les élèves de deux écoles montréalaises, l’une de niveau secondaire et l’autre de niveau primaire, ont soumis leurs suggestions aux auteurs pour la conception de leur bande dessinée. J’en viens donc à la conclusion que ce livre pourrait être utilisé avec des élèves du 3e cycle, sous réserve de le faire avec prudence et professionnalisme.
Cette bande dessinée m’a sincèrement rendu bien inconfortable par moment. Si ses clins d’œil à la culture populaire du hockey m’ont plu, ses multiples références au mouvement étudiant du printemps 2012 m’ont rendu bien mal à l’aise, d’autant plus qu’on présente la problématique de façon binaire : d’un côté, les jeunes militants qui incarnent le Bien, de l’autre, les entrepreneurs, les politiciens et les médias qui représentent le Mal. Or, ce conflit social, comme toute problématique sociétale, est complexe et il faut donc faire preuve de nuances en le traitant, particulièrement avec des élèves.
Lu et commenté par : Maxime Schinck
Boily, L. (2012). Gangs de rue. La marche orange (Ill. par M. Beaudet). Brossard : Un monde différent.